Ces ingrédients sont :
Les tendances lourdes au niveau d'un territoire, d'une communauté humaine, d'une nation ou même à l'échelle de la planète. Par exemple, le vieillissement de la population, l'évolution des secteurs d'activités (diminution du secteur primaire et chute de l'agriculture dans l'influence sociale et économique, déclin de l'industrie, tassement du secteur secondaire, explosion des services et donc du secteur tertiaire), l'augmentation des mobilités (la distance domicile-travail a été multipliée par 2 ou 3 au cours des dernières années), la diminution du nombre de personnes dans les ménages, la diminution du taux de natalité, du nombre d'enfants par famille, la dispersion géographique des familles (parents et enfants adultes habitent parfois des régions éloignées), …
Ces tendances lourdes ne vont pas s'inverser du jour au lendemain. Il y a une très forte inertie, à l'image du pétrolier lancé en pleine mer à qui il faut plusieurs milles pour pouvoir s'arrêter.
Cependant, malgré cette inertie importante, tenir compte des conséquences des tendances lourdes permet d'anticiper certains effets positifs ou négatifs.
Les signaux et les ruptures : il s'agit d'éléments récents qui vont peut-être "bousculer les choses", avoir une incidence importante sur le cours inexorable des tendances lourdes. Comme signaux, par ex, la fin de l'exode rural (le milieu rural se repeuple et c'est une tendance générale à laquelle le département du Lot n'échappe pas), une sensibilisation plus forte aux questions de l'environnement, les conflits d'usages se développent, liées à des origines socio-culturelles différentes (le champ du coq, le tas de fumier etc …).
Des ruptures peuvent également influencer fortement le fil prévisible de l'évolution. Evènements parfois soudains qui vont peser, par ex une invention révolutionnaire ou le 11septembre. Ces ruptures peuvent créer des bifurcations, des nouvelles pistes dans le développement d'un territoire.
Le troisième ingrédient pourrait se définir ainsi :
"Nous, les habitants que voulons-nous ? "
En tant que citoyen, en tant qu'acteur, nous avons à nous prononcer, nous engager, nous avons à faire des choix……
…. et les choix que nous ferons vont influer sur l'évolution et les futurs. Ces choix marqueront nos devenirs….
Au niveau du milieu associatif quels choix seront fait ?
- pour faciliter l'intégration dans la communauté locale des nouveaux arrivants?
- pour prendre part, aux côtés des autres catégories d'acteurs, à la prise en charge du devenir du territoire ?
Chaque décision prise aujourd'hui aura un impact, une influence sur notre vie de demain voire d'après demain.
Lorsque nous avons pris soin d'examiner, d'étudier, de mettre à plat ces différents ingrédients, la poursuite de la démarche prospective va supposer d'élaborer ensemble différents scénarii.
Chaque scénario représentera une hypothèse déclinée d'évolution possible avec des ambitions différentes :
Le scénario négatif représenté par le laisser faire ou le chacun pour soi
Le scénario tendanciel dans lequel des acteurs se rassemblent pour mixer les ingrédients, dessiner ce que pourrait être demain et conviennent du comment agir dès aujourd'hui.
Le scénario positif où se mêlent la dynamique du dessein tendanciel avec une évolution fortement positive des tendances lourdes, des signaux et ruptures.
Dans le scénario négatif, on pourrait imaginer une disparition progressive et constante des associations locales et la question suivante se poserait alors : peut-on envisager une vie sociale locale sans association ?
Dans le scénario tendanciel, partant du constat que jusqu'à aujourd'hui les flux migratoires restent très modestes en Ségala-Limargue, quelles sont les raisons de cette situation : enclavement ? carence en habitat ? manque d'attractivité ?
…. et quels choix, quelles décisions peut-on envisager ? |